• Tom

Entretien avec Rockets, le food truck à boulettes




Notre série d'entretien avec les agitateurs de la Food suit son cours cette semaine. On prend la température auprès des insiders qui nous donnent leurs impressions et leur vision de la Food Planet.


Océane et Doriane sont les deux créatrices de Rocket's, le food truck qui sévit autour de Lyon.

Un concept original de boulettes qu'elle décline sous forme de sandwiches et de plats haut en couleur. Les menus changent toute les semaines et font honneur aux produits locaux et de saison. 100% fait maison évidemment.

L'équipe de choc assure aussi la restauration sur des concerts, événements privés et professionnels.

Pour tout savoir sur leurs emplacements, rdv ici.



Bonne lecture et merci au duo pour l'entretien.




1/ STORY: Ça vient d'où l'idée de Rockets? Pouvez vous nous en dire plus sur votre parcours avant cette belle aventure?


Rocket’s, c’est avant tout une histoire qui s’est construite autour de belles rencontres, de voyages et de food.

Il y a quelques années, pour financer ses études de psychologie, Doriane a cherché du travail dans la restauration. Elle a alors rencontré Henri et Stéphanie, deux patrons d’un restaurant lyonnais qui lui ont donné sa chance et le goût du métier. Quelques temps plus tard, elle décidait de quitter la fac et de passer son CAP Cuisine en candidat libre. Une vraie passion était née.

Océane, de son côté, fraichement diplômée de l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre), s’était retrouvée complètement fauchée suite à un premier voyage en Inde et cherchait un travail.

C’est à ce moment-là que nous nous sommes rencontrées, dans le restaurant où Doriane avait fait ses débuts. Doriane en cuisine et Océane en salle. La suite de l’histoire, c’est beaucoup d’amour, de voyages et de la food en masse! (Et un ou deux kilos en plus)

Notre envie profonde, c’était de créer quelque chose qui nous ressemble. Inspirées par nos voyages, cuisinier de la Street-Food était une évidence. C’est à partir de ce moment-là que l’envie de monter un Food-truck s’est précisée.

Quant au concept, on voulait une cuisine efficace mais qui puisse s’adapter à tous les estomacs. On a directement pensé à la boulette. C’est un support génial, multiculturel et universel. On a tous une histoire différente autour de boulettes. C’est ludique, régressif et gourmand. On peut la travailler à notre sauce, suivant notre humeur du jour. Si on a de bons produits, on ne peut faire que de bonnes boulettes. Il faut juste beaucoup de patience !

Vous êtes nombreux à nous poser des questions autour de notre logo. Il s’agit d’un raton laveur gourmand qui se lèche les babines ! Un petit braconnier que nous avons rencontré sur une plage au Costa-Rica alors qu’il volait les denrées des touristes. Et … petit plaisir coupable mais fan de Marvel, on a craqué sur Rocket’s !






2/ BUSY: Gérer un Food Truck au quotidien ça marche comment? Comment vous gérez les 2 camions/ la production/ le catering/ la privatisation ?


Ahaha le piège. Beaucoup de personnes s’imaginent que gérer un Food-truck, c’est une vie de bohème : tout le temps sur la route, lunettes sur le nez, le soleil qui tape sur le pare-brise. Travailler en extérieur, bronzer en écoutant de la musique tout en cuisinant…

C’est en fait beaucoup plus difficile que ça en a l’air. Déjà, il faut un bon outil de travail. On a commencé notre aventure avec un camion datant de 1998. Autant vous dire qu’on a vécu énormément de péripéties à ses côtés, pas toujours très drôles, comme lorsque le radiateur a explosé sur le pied de Doriane alors qu’elle se rendait seule au Festival les Démons d’or.

Il est essentiel trouver des emplacements pour pouvoir partager sa cuisine. Toute la difficulté est là, car pour le moment les mairies n’accordent pas d’autorisations au Food-truck pour des emplacements en centre-ville. On garde espoir !

Selon son produit et son débit, investir dans un local de production s’impose. Au bout de la deuxième année, on a eu la chance grâce à Nomad Kitchen de participer à des évènements conséquents comme la coupe du monde de football féminine. Des événements qui nous ont demandé de nous organiser pour cuisiner en amont... Au début, des amis restaurateurs nous prêtaient leurs cuisines lorsqu’ils étaient en congés (encore merci). Désireuses de développer notre activité, nous avons loué un local grâce à Mathieu que nous avions rencontré avant même de lancer notre activité. Encore une belle rencontre.

Aujourd’hui nos matinées sont bien rodées mais assez speed. On récupère notre pain au Moulin de Léa et notre viande à la boucherie Tête-Bech et c’est parti pour le marathon. Chez Rocket’s tout est fait maison de l’entrée au dessert. Le menu change toutes les semaines, cuisiné à partir de produits frais et de saison. On propose tous les jours une entrée, un plat, notre incontournable sandwich de boulettes et ses frites maison, et un dessert. Ca fait pas mal de mise en place mais on adore ça. Tant que de la bonne musique retentit dans le local, tout va pour le mieux.

Une fois la mise en place terminée, on charge les deux camions et c’est parti ! Le service commence à partir de 11h30. Distribution de boulettes, bonne humeur, blagues plus ou moins percutantes (l’important c’est de participer).

On a aussi développé notre activité traiteur ce qui nous permet d’accompagner nos clients et de créer avec eux un évènement sur mesure au plus près de leurs envies. Une autre facette vraiment sympa de notre métier. On ne s’ennuie pas !




3/ HIT PARADE: Vos restaurants préférés?


Il y a tellement de bons restaurants à Lyon ! Quand on ne connaissait pas encore la covid, on allait au restaurant au moins deux fois par semaine.

Mais on ne va pas se mentir, on est particulièrement fan du Substrat, des Boulistes, de Sapna et du Bistrot du Potager.

En dehors de Lyon, on garde le souvenir d’une superbe escapade en 2019 à l’Hotel du golf situé à Correncon Vercors . On mourrait d’envie de redécouvrir la cuisine de Guillaume Montjuré. Un bonheur !



4/ HOBBIE: Que faites-vous de votre temps libre en dehors du restau ?


Hobbie ? La question qui nous ramène à la situation actuelle.. Si on avait su ce qui allait arriver, on n’aurait jamais mis de faux-plans à des amis pour des soirées (mea culpa).

Avant, on occupait notre temps de libre à coup de fourchettes dans les restaurants, on trinquait beaucoup. On allait au théâtre et au cinéma. On a tellement hâte de pouvoir revivre. Le top du top, serait de pouvoir revivre un évènement trop cool : au Sucre, le grand cuisine cinéma club. Le concept ? On mange exactement ce que l’on voit dans le film ! On y a été spectatrices et c’était génial de sentir les odeurs (bon parfois un peu frustrant car ça donnait terriblement faim !). On serait tellement fans de pouvoir cuisinier pour ce type d’évènement. Le meilleur moyen de réunir nos deux passions.




5/ BOULE DE CRISTAL: On va manger quoi en 2021?


A priori la tendance de 2021 d’après notre boule de cristal boulette se composera de street-food, énormément de sandwiches, de la finger-food et, dès que la situation sanitaire nous le permettra, de nouveaux lieux de vie hybride entremêlant culture & food !



6/ VIRUS: Quelles conséquences le Covid a eu sur votre taff?


Le covid a été assez brutal. On se souvient que nous avions déposé notre camion pour un salon le dernier dimanche avant le confinement. Nous avions fait une grosse mise en place. Le lendemain matin, sur les coups de six heures, on a reçu un appel pour nous informer qu’au vu de l’évolution sanitaire, le salon était annulé. C’est à ce moment-là que nous avons réalisé qu’il allait se passer quelque chose aussi difficile qu’inédit. On avait énormément d’évènements trop cool sur lesquels nous étions bookées. Dans la même semaine, on a reçu pleins de coup de fils. Les annulations ont rythmé notre quotidien. Nous étions tous confinés, c’était inédit. On a compris que l’on ne pouvait plus travailler. Il a fallu réagir vite. Par chance, nos fournisseurs nous ont soutenues. On a pris un temps pour mettre nos produits sous vide, nettoyer de fond en comble notre local. Le réorganiser et revoir notre business modèle.

Avec le recul, cette pause nous a été bénéfique. Elle nous a permises de gagner du temps sur notre organisation quotidienne et de tester de nouvelles recettes.

On a lancé la vente à emporter pendant un temps. On s’occupait de tout de A à Z. Un tout autre travail. Nos clients et nos amis ont été plus que présents, ça nous a permis de garder la tête hors de l’eau et d’aller à la rencontre de nouveaux clients qui nous avaient découvert grâce aux réseaux sociaux.



7/ CONFIDENCE: Vos petits plaisirs (food) coupables?


Océane : beaucoup TROP de chocolat. Mais ce n’est jamais trop !

Doriane : un bon gros kebab mayo/sauce blanche sans oignons !




8/ BUSINESS PLAN: Vos projets pour 2021?


Ça fait tout drôle de parler d’avenir en cette période de vie incertaine. Hâte de trouver des emplacements tous les jours pour les deux camions ! On lance une bouteille à la mer : on recherche notamment des emplacements dans les campagnes environnantes de Lyon !

On espère pouvoir recruter une belle équipe avec laquelle nous pourrons partager l’histoire de Rocket’s et que chaque personne apporte sa petite touche dans cette aventure.

Et tellement hâte de reprendre l’évènementiel ! Retrouver les collègues Foodtrucker sur des évènements et reprendre l’apéro en terrasse !


BONUS TRACK: Pour ou contre les Dark Kitchen?


Question difficile, disons qu’après concertation il y a du pour et du contre.

S’il s’agit de cuisines sans fenêtres dans des entrepôts aux abords de grandes villes, où sont cuisinés des produits à la chaine de mauvaise qualité dédiés à la vente sur des plateformes à bas prix, c’est NON !

Mais s’il s’agit de restaurateurs, qui s’adaptent à la demande en proposant une nouvelle offre, alors oui. Tant qu’il s’agit d’une offre de qualité, réconfortante et qui rend service (eh oui, on en a tous marre de courir après le temps pour faire ses courses avant 18h) on est plutôt pour. Ça reste cependant un peu une béquille en attendant la reprise.