• Tom

Entretien avec Vic de Oupsi, la prêtresse du Donut Vegan sur Lyon

Updated: Feb 25





Notre série d'entretien avec les agitateurs de la Food suit son cours cette semaine. On prend la température auprès des insiders qui nous donnent leurs impressions et leur vision de la Food Planet.

Un triporteur ravit les amateurs de Donuts (et bientot de Gauffres salés) depuis plusieurs mois à Lyon. On a discuté avec Vic qui a lancé ce projet fou et qui nous dit tout sur sa passion et ses engagements.

Pour connaitre tous les emplacements de Oupsi, ça se passe ici. Il est vivement conseillé de réserver car c'est le rdv des affamés.

Bonne lecture et bravo l'artiste.




1/ STORY : Ça vient d'où l'idée de Oupsi ? Tu peux nous en dire plus sur toi et ton parcours avant cette belle aventure ?


On commence fort avec cette question, je vais essayer de ne pas faire trop long.

Pour expliquer comment Oupsi est sorti de mon petit cerveau il faut revenir sur mon parcours pro un peu atypique.

Je n’ai pas du tout commencé dans la food puisque j’ai fait des études de stylisme/modélisme/make-up à Bruxelles (je suis belge).

En sortant de l’école, j’ai eu la chance de rencontrer des gens incroyables de talents et j’ai commencé à bosser dans le spectacle vivant et la pub, en développant en parallèle un petit atelier de confection sur mesures ou je proposais le package fringues/conseils en image/ateliers maquillage.

L’idée générale de tout ça c’était de mettre du beau et du rêve dans la vie des gens et c’était plutôt cool. J’ai fait ça une dizaine d’années (avec un déménagement de Bruxelles à Lyon entre temps).

Les aléas de la vie ont fait qu’à un moment, j’ai pris le temps de stopper un peu ma course folle et de réfléchir. Je voulais toujours influer positivement sur la vie des gens mais je ne me retrouvais plus trop dans la mode et le spectacle.

Alors j’ai passé en revue mes autres passions en me demandant ce qui avait le plus d’impact dans la vie quotidienne : la nourriture est apparue comme une évidence.

On était devenu véganes avec mon amoureux depuis quelques années et carrément dépités de voir le peu de possibilités qu’il y avait de bien manger à Lyon quand on enlevait les produits animaux (ça c’était en 2014 et l’offre n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui)

Alors on a monté ensemble Third of Seven, une asso qui proposait de la food mais pas que. Pendant 4 ans on a organisé des soirées ludiques, des ateliers/conférences, des évènements en partenariat, etc…

L’idée c’était de montrer au plus de gens possibles qu’on pouvait allier véganisme avec convivialité, partage et gourmandise, tout en restant accessible et en travaillant des produits locaux et de saison.

Au bout de 4 ans d’un rythme soutenu (je gérais toute l’asso, la formation des bénévoles, la création des recettes et la tenue de la cuisine 4 jours/semaine) j’en avais marre de soutenir toute cette grosse machine et des contraintes que ça impliquait : on avait un local (avec les frais et les soucis que ça implique), il fallait gérer l’équipe (au top heureusement) en cuisine, les évènements et le reste…

Ça devenait trop lourd pour moi et j’étais un peu épuisée… du coup je me suis blessée assez sérieusement avec une looooongue convalescence, c’est aussi à ce moment-là que mon autisme a été détecté, une sacrée année donc.

On avait déjà décidé de clôturer l’aventure Third of Seven, tout ça à donc mis un point bien final à cette aventure-là.

Pour autant, il y avait une sacrée communauté autour de nous, les gens appréciaient mes recettes et moi j’aimais toujours autant cuisiner…

J’ai donc mis à profit ma convalescence pour réfléchir à un nouveau projet qui allait pouvoir allier mon envie de continuer à partager ma vision de la cuisine végétale, mes valeurs et des contraintes moindres en terme de sociabilisation (entre autres) … 9 mois et beaucoup de réflexion plus tard je déposais les statuts : Oupsi était née !

Bon, désolée, c’était long en fait -_-‘



2/ BUSY : Comment tu t'organises pour cuisiner/pédaler/faire de la mécanique/gérer tes clients et être super active sur les réseaux ?


Organisation à la minute (vraiment, avec un paquet d’alarmes pour gérer les temps de production), un système de réservation assez efficace (un peu contraignant pour les clients malheureusement mais je n’ai pas le choix…) et une bonne résistance à la fatigue.

Pour ce qui est de la mécanique, c’est Jérôme (mon amoureux donc) qui a construit tout le Oupsicycle (Tritri de son petit nom) et qui gère les évolutions que je lui demande et l’entretien…

En fait pour être honnête le vélo c’est pas du tout mon truc à la base (avant Tritri je n’avais repris le vélo que depuis quelques années et vraiment plus pour éviter le bus que par envie) mais je voulais rendre Oupsi le plus mobile et éco-responsable possible tout en ne m’attachant pas à un lieu… il n’y avait pas des millions de solutions !

Mains maintenant j’aime bien ces petits moments seule avec Tritri, ça me fait une coupure bienvenue entre les temps de préparation et les temps de vente.

Et pour les réseaux, je me concentre presque exclusivement sur Insta (ça aide à ne pas se disperser) et dès le départ je voulais partager l’aventure de la création avec les potes, quand on monte un projet (presque) seule, c’est important de se sentir soutenue… c’est juste que maintenant j’ai presque 3000 potes :p

J’aime beaucoup partager le quotidien de l’entreprise et chez Oupsi c’est assez participatif, je demande souvent l’avis de ma petite communauté (pour les menus, les endroits, les nouveaux produits etc.)








3/ HIT PARADE : Tes restaurants préférés ?


Du fait de mon autisme, les endroits bruyants et très stimulants c’est hyper compliqué pour moi.

Alors j’aime les lieux pas trop grands, avec une ambiance un peu feutrée mais qui met à l’aise… et une vraie bonne cuisine qui rejoint mes valeurs évidemment !

A Lyon le café Somos coche toutes mes cases, j’ai hâte que les filles puissent rouvrir la salle.

Dans la même veine mais dans un autre registre, Laska et Culina Hortus sont des musts à ne pas louper !

Et pour un repas sur le pouce (mais hyper quali) au bord du quai (si t’es lyonnais.e tu sais de quoi je parle), le kebab vegane de chez Chëf Berliner ou le burger végane de chez Yabio sont dans ma top liste.

Hors Lyon, j’aimerais vraiment beaucoup tester Gurou à la Rochelle et Demi-Sel dans le Morbihan, parce que leurs énergies sont formidables et qu’on partage beaucoup de valeurs (sans parler du fait que la bouffe à l’air folle évidement)

Y’en a encore plein d’autres mais je vais m’arrêter là!



4/ DIET : Comment tu fais pour garder la ligne avec tous ces Donuts qui te narguent tous les matins ?


Je déplace un triporteur qui fait plus de 200 kilos trois fois par semaine !

Plus sérieusement, je n’adhère pas au concept sexiste de « garder la ligne », je mange quand j’ai faim et ce dont j’ai envie… et vraiment il faut qu’on lâche la grappe aux gens avec ces concepts dépassés qui voudraient que certains aliments soient « mauvais », tant qu’on n’abuse de rien et qu’on s’écoute, tout va bien.







5/ BOULE DE CRISTAL : On va manger quoi en 2021 ?


A mon avis les petites structures très mobiles et résiliantes comme la mienne devrait émerger de plus en plus et j’espère que la cuisine éco-responsable et (beaucoup) plus végétale va continuer à monter, sans pour autant se prendre la tête.

On veut du bon, du réconfortant donc la comfort food n’a pas fini de faire la star je pense… (d’autant qu’elle s’emporte bien et se mange facilement en extérieur) mais en mode quali tant qu’à faire

Et pour finir ma session madame Irma, on a tous besoin de convivialité et de partage quand on pourra de nouveau (on croise les doigts pour 2021) alors les tiers lieux et les food-courts font grave rêver depuis nos canapés et avec le retour du soleil…

Et c’est une autiste qui le dit, faut pas demander le niveau de besoin chez les personnes plus sociables que moi !



6/ VIRUS : Quelles conséquences le Covid a eu sur ton taff ?


J’ai commencé l’aventure Oupsi en aout 2020, donc je savais que ça allait être sportif et qu’il faudrait que je m’adapte.

Le plus gros changement finalement c’est qu’à la base j’avais prévu de n’utiliser le triporteur en extérieur que pendant la belle saison et de privilégier les évènements couverts en fin automne/hiver.

Donc, on avait pensé le vélo pour y proposer uniquement des Donuts au début et que je ne fasse les Gauf’wichs que sur les évènements.

Du coup il a fallu revoir toute la conception en cours de route pour ajouter un toit et des battants qui me protègent (ainsi que le matériel et les aliments) efficacement des intempéries… et j’ai passé tous l’hiver sur les marchés.

Ça aura pris six mois de plus que prévu mais à partir du mois de mars je vais enfin pouvoir proposer les Gauf’wichs sur le triporteur (ça tombe bien c’est mon produit de base normalement : des Dwichs à base de gaufre à pâte levée et salée et garnie de plein de trucs trop cools et de sauce maison) en plus des Donuts.






7/ CONFIDENCE : Tes petits plaisirs (food) coupables ?


Les chips ! Sous toutes leurs formes... une vraie passion !

Et en bonne belge, les trucs frits avec plein de sauce (maison évidemment, faut quand même pas déconner).



8/ BUSINESS PLAN : Tes projets pour 2021 ?


Que l’entreprise survive à cette première année chaotique déjà, puis trouver des spots sympas pour poser mon triporteur hors marché et enfin, pouvoir enfin lancer les collaborations prévues avec les copines restauratrices (brunchs et petits évènements food en combinant nos talents et nos produits).





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