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Un McDo abandonné devient une cantine sociale et solidaire



La cité phocéenne se rebelle contre le géant des burgers.


Un groupe d'irréductibles composé d'anciens salariés laissés pour compte a décidé d'occuper un McDonald's du 14e arrondissement. Fini les McFlury jusqu'aux petites heures de la nuit.

Le restaurant des quartiers nord de Marseille est un train de prendre une toute autre forme un an après sa liquidation. Renommé l'après M, il se veut un lieu d'entraide et de cohésion sociale en plein coeur d'un quartier abandonné par les pouvoirs publics.




Pendant le premier confinement, le Mcdo de Saint Barthelemy était déjà un bastion humanitaire qui centralisait l'aide du quartier et distribuait des sacs de provisions plusieurs fois par semaine. Les associations du quartier ont transformé l'ancien local en banque alimentaire au profit des familles voisines dans le besoin.

L'association "Après McDo", présidé par Fathi Bouaroua a été crée dans la foulée pour officialiser son action.


"On est en train de réparer l'erreur de McDo quand ils sont partis. Il y a eu une perte de 100 emplois, nous voulons donner un nouvel élan à ce lieu", indique à France 3 Salim Grabsi, l'un des porteurs du projet.

Le 18 décembre a eu lieu l'inauguration officielle de l'après M en compagnie de José Bové, l'ancien démolisseur en bâtiment. L'équipe en a profité pour distribuer des burgers bio et vegan aux familles présentes. D'ici peu, l'association devrait proposer des burgers solidaires pour tous, avec des prix adaptés selon les revenus des clients.

L'après M ne compte pas seulement combler les appétits du quartier. Le lieu veut réunir en son seing d'autres associations oeuvrant pour l'aide alimentaire, le soutien scolaire ou encore la construction d'abris pour SDF.


"Il permettra de donner des formations qualifiantes à des femmes et des hommes cabossés par la vie et issus des quartiers populaires", rapporte Salim Grabsi.

Le local appartient pour le moment encore à McDonald's France. Les équipes de bénévoles sur place font pression pour que l'enseigne le cède pour un euro symbolique. McDonald's pourrait vendre le terrain ou le local à un acheteur, ce qui anéantirait tout le travail réalisé depuis plus d'un an.

L'association se mobilise sur les réseaux sociaux pour obtenir le maximum de soutien et de médiatisation. La presse mondiale fait écho de l'initiative à travers de nombreux articles, le New York Times ou El Pais suivent en effet de prés l'affaire. Le nouveau maire et la presse locale font également front commun afin que cette belle aventure ne s'arrête pas là.


Tous les regards se tournent vers Mcdo. Il semble peut probable que l'enseigne fasse l'autruche encore longtemps car cela pourrait lui être fortement préjudiciable en terme d'image.

L'association de son coté a prévenu qu'elle ne baisserait pas les bras et qu'elle prévoyait même d'autres occupations si le besoin était nécessaire.